Un 1er mai pas comme les autres

Publié le 22/05/2013 à 14H34
*Les débats qui ont suivi la signature de l'ANI du 11 janvier ont clairement mis en relief le sens que chaque organisation donne à l'engagement syndical. Face aux attaques, aux mensonges, aux actes, qui ont dépassé le niveau de la divergence d'appréciation, il n'était pas question pour la CFDT d'aller manifester avec nos détracteurs. Cette situation exceptionnelle a conduit l'URI CFDT et l'UIT de la Plaine de Caen à organiser un débat sur le thème :  *« la place du syndicalisme dans les territoires locaux». L’objectif de l’animateur de cette matinée, faire mentir Edgard MORIN qui prétend que les syndicats ne s’intéressent plus aux territoires.

Dans les premiers échanges les intervenants se sont interrogés sur une possible définition du territoire. Pour les uns il relève de la géographie et donc des distances que doivent parcourir chacune et chacun pour se rendre au travail. Il n’est pas rare, preuve à l’appui d’une enquête du SGEN, que plus de 50 km soient parcourus pour se rendre sur les lieux de travail. Pour d’autres il s’agit plus de « géotemporalité » autrement dit du temps qu’il faut pour mener à bien chaque activité, allant de la scolarité à l’activité culturelle ou sportive en passant par les soins médicaux. Sur ce dernier point le découpage fait pas l’Agence Régionale de Santé est l’exemple à ne pas suivre car elle s’est contenter de recopier les frontières des départements.

A cela s'ajoute la révolution numérique qui estompe aussi bien la notion d'espace que celle du temps.

Il est donc entendu qu’il puisse il y avoir plusieurs strates en donc plusieurs niveaux d’actions. La CFDT a d’ailleurs su, en 2003, faire des choix en créant ses 7 Unions Interprofessionnelles de Territoires.

D’ailleurs le débat n’est pas clos en interne. Dans les années 90, a émergé une évolution nécessaire de nos structures de base, pour mutualiser nos moyens, en mettant la barre à 200 adhérents par syndicats pour participer au congrès confédéral. Ainsi se sont développé les syndicats que nous connaissons aujourd’hui, dont la plupart sont départementaux voir régionaux (ndr : 7 sur 15 champs fédéraux).

Pourtant la place des territoires et l’aménagement de ceux-ci est un passage obligé pour le développement d’une région. Et il apparaît dans les débats le regret qu’il n’y est pas de moyens mis à disposition pour de vrais espaces de négociations sur le sujet. Quelle est l’instance qui permet de mettre autour d’une table les partenaires sociaux, l’Etat et la Région (ou/et une autre collectivité territoriale) pour faire des choix de développement sur un territoire ?

A quel moment les entreprises, qui sont pourvoyeur d’emplois, s’intéressent s’impliquent et reconnaissent donc un territoire ?

 

Traversant ainsi un des axes de travail que la CFDT a engagé sur la proximité auprès des salariés, l’URI, par la qualité des interventions lors de cet échange, a démontré (aux élus politiques venu participer,) que le territoire n’est pas oublié par la CFDT. Au contraire, parce qu’elle considère que le développement ne peut se concevoir sans être durable, elle souhaite qu’il soit pris en compte non seulement par les représentants des citoyens mais aussi par les acteurs sociaux et économiques. Avec une insatiable volonté de s’ancrer dans l’avenir la CFDT a fait de ce 1er mai pas comme les autres une journée originelle.